Brigitte Macron, cancer de colonne, une rencontre surprenante avec Clémentine Célarie

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En 2018, Clémentine Celarié tournait dans la fiction documentaire Mystère à l’Elysée. L’épisode reprenait une partie de la vie de Felix Faure, président de la République de 1895 à 1899. Ce dernier est connu pour sa fin brusque et cocasse, anecdote historique idéale pour briller dans les discussions de soirée. Ce dernier est en effet décédé dans des circonstances tendancieuses alors qu’il était avec sa maitresse Marguerite Steinheil.

Pour les besoins de ce tournage, l’actrice a été amenée à se rendre à l’Elysée. Elle a alors eu l’occasion de rencontrer Brigitte Macron, une rencontre qui a failli être avortée à l’époque. Elle est finalement ressortie enchantée de cette rencontre. Elle explique avoir d’abord refusé la volonté de la première dame de la saluer avant de se ressaisir : « Une de ses assistantes, je pense, est venue me dire « Madame Macron souhaite vous saluer ! ». Après avoir hésité quelques instants, elle a finalement pensé « Je me suis dit : « Mince, je vais être en retard. Mais qu’est-ce que tu fais ? Evidemment, dis oui ! ».

« Elle a été très chaleureuse, très lumineuse, pas du tout dans une fonction ». Explique-t-elle avant de surenchérir :  « Moi, j’ai rencontré une femme et ça m’a touchée ». Un portrait élogieux et solaire de la première dame qu’elle est pourtant passée à deux doigts de snober.

On apprend aujourd’hui la raison de cette hésitation. En effet, à l’époque, l’actrice était malade. Victime d’un cancer du côlon, elle était particulièrement irritée. Aujourd’hui, elle souhaite profiter de sa présence sur la place publique pour parler de cette expérience douloureuse. Commun et pourtant tabou, ce cancer n’est pas assez discuté chez les femmes.

« Je ne suis pas la seule à avoir décroché le pompon, explique-t-elle. C’est arrivé à beaucoup. J’ai la chance de pouvoir écrire un livre, exprimer ce que cela a engendré. Le besoin vital de partager une reconnaissance, et mon grand voyage pour y arriver ».

Clémentine Célarié vient de signer les mots défendus. Elle parle de son cancer dans cet ouvrage. D’une écriture poétique et profonde, elle tend la main aux autres victimes de maladies.

 » T’écrire c’est dégager les sentiers sombres, jonchés de ronces, traverser ces nuits d’insomnies où l’on se sent fini, à côté, coupable de tout, dans le précipice.

T’écrire c’est rendre concrète cette projection de guérison, cette volonté de soulagement.

T’écrire est une immense reconstruction.

Je voudrais que ces mots soient solides pour tous ceux qui ont approché de près ou de loin, gravement ou pas, le cancer. Que ces mots soient comme des pavés qu’on jette contre l’hypocrisie, les tabous et les faux-semblants.

Ce n’est pas du cancer dont je veux parler, mais de ce qu’il a provoqué, du bien qu’il a fait naître », résume-t-elle.

Elle n’est pas morte, et elle souhaite encourager les malades du cancer à lutter contre la maladie. Si elle a caché sa maladie, c’est parce qu’elle craignait le regard potentiellement apitoyé des autres. Mais elle affirme que ce n’est pas juste de devoir taire un événement tel que celui-ci et souhaite aujourd’hui libérer sa parole et celle des autres à travers ce livre. Elle a eu peur, a été triste. Ce roman a été pour elle une libération, une sorte de clôture magistrale de sa maladie. Après des mois de solitude, elle veut partager son vécu avec d’autres. Elle affirme que sa maladie a été un tremblement de terre et, qu’une fois sortie de celle-ci, elle devait nécessairement en parler.

Après des mois de chimiothérapie, elle est définitivement guérie. C’est avec le sourire qu’elle salue son retour sur scène, heureuse de retrouver son public.

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